Conophytum N.E.Br.
Conophytum pellucidum ARM1169 (Grootberg, Naries)
et C. obcordellum « ursprungianum » SB635 (Lokenburg)
Grâce à la popularité croissante de Conophytum, la conoscience collective s’est enrichie et chacun a réalisé que ces miniatures réclamaient beaucoup d’eau ! Lors d’un récent voyage automnal en Europe, j’ai été surpris de voir nombre d’amateurs chevronnés arroser leurs plantes aussi souvent que moi à New Mexico. Je pensais que mon air aride nécessitait une telle fréquence mais j’aurais dû me rappeler que l’espèce la plus difficile, C. rugosum, pousse souvent près des eaux de ruissellement hivernales.
Il n’est finalement pas surprenant de voir bon nombre d’espèces croître si bien dans des serres sombres. Elles sont adaptées à l’ombre, aux crevasses qui piègent l’humidité. Malgré tout, un équilibre doit être obtenu entre une situation humide où les plantes ne sèchent jamais et une situation où elles reçoivent assez de chaleur solaire pour approcher la sécheresse et arborer leurs plus belles formes et couleurs. Plus il y aura de soleil, plus les entrenœuds seront courts, plus les plantes seront joliment compactes et plus grand sera le risque de dessiccation.
En automne et en hiver, les Conophytum apprécient une humidité légère mais constante. Au début de l’automne, cela peut impliquer un arrosage au moins deux fois par semaine et dans quelques cas un arrosage quotidien ! Quoi qu’il en soit, des arrosages fréquents et superficiels donnent les meilleurs résultats. Bien entendu, une instruction comme « garder constamment humide » est plutôt paradoxale, à l’instar de l’ombre systématique de Nixon sur les coups de cinq heures ; on peut simplement essayer. Le Botrytis est une menace en hiver dans un environnement humide : il faudra alors couper les fleurs fanées avant qu’elles ne soient attaquées, le tube floral pouvant devenir le couloir de la mort, en ligne directe vers le cœur de la plante.
À un certain moment, à la fin de l’hiver, les racines cessent d’accepter l’eau et les tissus de la paire de feuilles existante commencent à se ratatiner. Voilà qui signale l’arrêt des arrosages. Cette flétrissure des plantes entrant en dormance peut souvent paraître alarmante. Une fois que la peau sèche du repos s’est tout à fait formée, les plantes à grands corps peuvent être laissées quasiment au sec ; les espèces plus menues et plus délicates apprécieront elles un léger rafraîchissement hebdomadaire. Si l’extrémité des feuilles perce prématurément (c.-à-d. au début du printemps), ce n’est pas une catastrophe, mais souvenez-vous qu’une sortie trop précoce expose les plantes au risque de brûlure si elles ne sont pas arrosées fréquemment. Vous constaterez certainement que beaucoup de conos se comportent exactement comme vos Lithops.
Comme une chanson populaire américaine nous le dit, la séparation est difficile, néanmoins il est préférable de diviser les grosses touffes âgées. Vous pouvez conserver et faire réenraciner de gros éclats d’une vieille plante, puis diviser à nouveau et plus sévèrement le reste. L’idéal est de réaliser l’opération sitôt la floraison terminée.
Cultiver le genre de semis en semis est la meilleure façon de le comprendre. Je sème la plupart des espèces au début de l’automne mais un petit nombre d’entre elles poussent certainement mieux si elles sont semées au cœur de l’été (c.-à-d. C. burgeri et C. ratum). Il faudrait tester cette préférence pour l’été chez d’autres espèces. J’ai obtenu les pires résultats avec des semis au printemps ; les plantules se développent alors timidement puis sont confrontées à un brusque coup de chaleur sans avoir pu s’y préparer. Nées dans la moiteur de l'automne, elles auraient eu plus de chances de s’adapter.
N.B. : C. khamiesbergense et son traitement particulier est à retrouver sous Berrisfordia. La section Ophthalmophyllum est elle traitée ici, C. herreanthus sous Herreanthus.



