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5. Composer le fond aquatique
(extrait de IV. L'installation pas à pas, p. 136)

 Amassez de la documentation visuelle : réalisations d'autres aquariums que vous admirez, photos de fonds aquatiques naturels. Internet est pour cela une mine d'images. Rien ne vous empêche d'aller voir également des rivières ou des étangs à la belle saison, même sous nos latitudes, pour chercher à comprendre comment les différents éléments s'organisent. Et puis, armé d'un crayon (encore !), vous allez dessiner votre futur fond aquatique. Inutile de vous réfugier derrière de piètres talents de dessinateur : vous n'êtes pas obligé d'exposer vos croquis. Ce qui compte, c'est que vous imaginiez ce que vous dessinez, dans sa répartition, ses proportions, ses formes.

 Dans la recherche du naturel, on se gardera de n'avoir que des roches calibrées, d'une même gamme de taille.

a) Par quoi commencer ?

 Tous les éléments, plantes, équipement, décor, interagissant, l'un pouvant en remettre en question l'emplacement d'un autre, on peut se sentir désorienté. Par quoi commencer finalement ?

 Un ordre logique, et finalement très naturel peut être suivi. Il consiste à prévoir d'abord la géologie du terrain que vous allez représenter : lit d'une rivière à cours lent, encombré de plantes et plutôt ensablé ; lit d'une rivière à court rapide, plutôt minéral, avec ses galets balayés par le courant (même si vous n'avez aucunement l'intention de simuler réellement ce courant) ; fond d'un étang ou d'une rivière tropicale, traversé de racines d'arbres ; roselière et ses cannes de graminées géantes inondées...

 Réfléchissez alors dans cette idée d'ensemble à l'emplacement de l'équipement, qui doit être placé là où il sera le plus efficace – ce doit être votre priorité.

 Puis, vous allez réfléchir où installer vos éléments de décor, en commençant par les grandes pièces de bois ou les grandes roches (en sachant qu'il est bien plus difficile d'obtenir quelque chose d'harmonieux avec un mélange équilibré des deux matières – il est préférable que l'une domine largement l'autre). Ils doivent à la fois évoquer le type de scène aquatique que vous avez en tête et si possible offrir des possibilités de camouflage de l'équipement, mais sans pour autant les empêcher d'accomplir leur fonction. On confie souvent ce rôle à des pièces de bois longues et plates ou à des plaques rocheuses de type ardoise. Le tout est que les courants d'eau ne soient pas contrariés, que les entrées et sorties de la filtration soient libres et que la chaleur du chauffage se diffuse bien. Il est certain que filtres extérieurs ou cuves à décantation (contenant en plus le combiné chauffant) facilitent bien les choses en la matière.

 Ensuite, vous allez réfléchir à la manière dont les plantes ont « envahi » les surfaces offertes : espaces libres, recoins protecteurs, pour chaque fois trouver les conditions optimales où s'installer durablement.

b) Différents types de composition

La composition traditionnelle en forme de U

 Avec végétation et éléments de décor formant un arc de cercle, elle s'ouvre sur le fond de l'aquarium. Un espace central est ainsi dégagé, qui donnera une impression de profondeur et servira plus particulièrement de lieu d'évolution de nombre de poissons, en plein cœur de la cible. Vision très carrée, qui a l'avantage de créer un effet sans trop de risque. Mais son efficacité éprouvée a l'inconvénient qu'il vous sera difficile de constituer ainsi une composition vraiment originale.

Les compositions asymétriques

 Elles sont bien plus intéressantes et ont la vertu paradoxale d'être à la fois plus originales et aussi plus naturelles. Plutôt que de réaliser un tableau trop artificiellement structuré, vous allez exploiter l'idée de base d'un aquarium : une tranche de vie aquatique, une fenêtre ouverte sous l'eau avec tout ce que cette ouverture a de limité. Votre souci sera de rendre l'impression d'une vision partielle et coupée net d'un fond aquatique. Que ce soit en hauteur, avec par exemple des branches ou des racines d'arbres plongées dans le sable et semblant s'élever bien au-delà des limites de votre cuve. Que ce soit en longueur, avec cette fois-ci la représentation d'une rivière où d'un côté un éboulis de galets s'étale progressivement et se réduit à un fond de sable presque nu, à l'autre extrémité. Ou encore, toujours en longueur, mais peut-être un peu plus délicate à réussir, la reconstitution de la partie immergée d'un berge de plan d'eau, dont on devine à un bout l'enfoncement progressif, planté comme dans la nature de hauts massifs de plantes aquatiques, qui va se creusant et se dénudant vers l'autre extrémité de l'aquarium.

 Ces simples suggestions ont contrairement à la composition en U, cette qualité de donner des visions beaucoup plus dynamiques. Elles invitent aussi à créer des zones de plantation plus tranchées et quelque part plus écologiques – au sens où l'on reproduira plus facilement des répartitions naturelles selon les zones créées.

 

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